« Une tentative d’auto-amnistie »
Pour Me Lèguevaques, les propos du directeur de Peugeot relèvent d’un exercice d’auto-amnistie.
« Stellantis ne demande pas pardon aux centaines de milliers de propriétaires victimes du moteur PureTech.
Le constructeur semble plutôt s’excuser tout seul et présenter une réalité largement tronquée. »
Une confiance abîmée depuis plus de dix ans
Le groupe Stellantis affirme vouloir recréer un « sentiment de confiance » autour de la marque Peugeot, présentée comme la marque préférée des Français.
Pour Me Lèguevaques, cette déclaration revient à reconnaître tardivement une gestion défaillante du problème depuis 2012.
Selon lui, plusieurs reproches majeurs peuvent être formulés :
- la commercialisation prolongée d’un moteur connu pour être défaillant,
- le renvoi de la responsabilité vers les clients (retard d’entretien ou défaut de suivi),
- la mise en place de dispositifs de prise en charge extrêmement restrictifs et opaques.
« Sur les centaines de milliers de véhicules concernés, Stellantis refuse toujours de révéler combien de réparations ont réellement été prises en charge. »
Une réaction tardive
Selon l’avocat, la situation n’aurait réellement évolué qu’après le lancement de l’action collective en 2024, soutenue par l’association des victimes du PureTech.
Pendant plusieurs années, affirme-t-il, les propriétaires confrontés à une casse moteur ont dû assumer des remplacements très coûteux, souvent présentés comme des moteurs neufs alors qu’il s’agissait de moteurs reconditionnés.
Une plateforme d’indemnisation jugée opaque
Stellantis a mis en place en 2025 une plateforme de prise en charges des réparations (et non d'indemnisation).
Cependant, selon les représentants des victimes, celle-ci manque de transparence :
- le nombre de dossiers traités n’est pas communiqué,
- le montant global des réparations prises en charge n’est pas publié,
- les conditions d’accès sont particulièrement restrictives,
- le délai moyen de traitement dépasse quatre mois.
La prise en charge moyenne serait d’environ 1.700 €, alors que le coût d’un remplacement de moteur peut atteindre 10.000 €.
Une stratégie de division ?
Pour Me Lèguevaques, cette plateforme aurait également eu pour effet de réduire le nombre de participants à l’action collective.
« Les propriétaires ont compris la stratégie : diviser pour mieux régner, et compter sur la durée des procédures pour limiter l’impact du scandale. »
Une procédure judiciaire désormais entre les mains du parquet de Nanterre
En février 2025, une plainte pour pratiques commerciales trompeuses et fraude a été déposée auprès du Parquet de Versailles, lieu du siège social de Stellantis.
Compte tenu de la complexité du dossier, l’affaire a été transférée au Parquet de Nanterre, en application de l’article 704 du Code de procédure pénale.
Pour Me Lèguevaques, cette décision constitue une étape importante.
Le parquet de Nanterre dispose en effet d’une équipe spécialisée et d’une expérience notable dans les dossiers industriels complexes, notamment dans l’affaire dite du « Motorgate » Renault-Dacia-Nissan.
« La procédure continue »
Pour l’avocat, les excuses tardives du constructeur ne suffisent pas à répondre aux attentes des propriétaires concernés.
« La colère des victimes du PureTech reste intacte. »
Les propriétaires concernés peuvent toujours rejoindre l’action collective en s’inscrivant sur la plateforme : www.myleo.legal


Un avocat ?








