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Polémique autour du Levothyrox : Le dialogue de sourds entre les autorités et les patients continue


(communiqué de presse de VIVRE SANS THYROIDE - 3 mai 2018)



La 4ème réunion du Comité de Suivi « crise du Levothyrox » a eu lieu ce jour au Ministère de la Santé. Pour la première fois, les associations de patients ont eu l’autorisation de présenter leurs travaux.
 
Une grande partie de cette réunion a été consacrée au constat que la diversification thérapeutique promise n’est pas encore effective, contrairement à ce qu’annonce le Ministère aujourd’hui par voie de presse.
 
L’association Vivre Sans Thyroïde a présenté les chiffres officiels (sans aucun retraitement) rendus disponibles récemment sur le site de la Sécurité Sociale à fin février 2018. Ces chiffres montrent sans ambiguïté que les alternatives mises sur le marché ne correspondent pas aux besoins des patients.
 

Pour des raisons évidentes et prévisibles, la spécialité Serb (en gouttes), qui doit être conservée au réfrigérateur, a été choisie par moins de 0.2% des patients car elle n’est notamment pas compatible avec une vie active comportant des déplacements (sa dispensation est d’ailleurs en baisse début 2018).
 
Pour des raisons aussi évidentes, le générique grec Thyrofix a été choisi par moins de 1% des patients, car il présente des inconvénients majeurs (très peu de dosages disponibles, comprimés non sécables). Il n’a été choisi par les médecins prescripteurs que pour moins de 1% des patients.
 
La 3ème et dernière option pérenne récemment mise sur le marché (TCaps du laboratoire Genévrier) n’est pas remboursée à ce stade, ce qui constitue un frein considérable à sa prescription. Seules 610 ordonnances ont été établies depuis sa timide mise à disposition mi-avril (0% des patients).
 
L’Euthyrox quant à lui arrive en fin de production dans les mois à venir, et le Ministère a confirmé qu’il n’avait plus vocation à être mis à disposition. « Ce n’est donc pas une alternative, mais un trompe- l’œil supplémentaire », constate Beate Bartès, présidente de l’association.
 

Aucune autre mise sur le marché d’alternative n’est prévue en France.

Au final, alors que le Ministère annonce « cinq médicaments disponibles pour les patients français », seuls deux médicaments le sont réellement en pratique : le Levothyrox de Merck tant décrié, et le Henning-Sanofi. « De nombreux freins sont à l’œuvre, et la diversification annoncée n’est pas au rendez-vous pour l’instant. En pratique, si l’on souhaitait organiser un duopole sur le marché de la lévothyroxine en France, on ne s’y prendrait pas différemment », commente amèrement la présidente de l’association.
« Nous avons insisté sur la nécessité de lever rapidement ces freins, mais le communiqué du Ministère ce soir démontre qu’une fois de plus nous ne sommes pas entendus ».
 
Par ailleurs, il s’est avéré lors de ce Comité de Suivi que les autorités sanitaires avaient commis des erreurs dans leurs calculs de parts de marché de certains produits à base de lévothyroxine (spécialité Serb), et n’avaient pas pris en compte des éléments importants de calcul, que notre association avait déjà pris en compte début mars. Les participants du Comité de Suivi n’ont pas l’autorisation de diffuser ces éléments. « Ce sont malheureusement des éléments qui n’ont pas pu être discutés avant cette réunion, puisque nous n’avons reçu aucune réponse du Ministère et de l’ANSM à notre courrier du 14 mars pour discuter techniquement des différences d’estimation auxquelles nous aboutissions début mars. Nous déplorons cette absence de prise en compte de nos alertes, et ce refus tacite de rendez-vous, alors même que les associations tentent de construire du dialogue. La DGS s’est engagée aujourd’hui à revenir vers nous avec des chiffres corrigés. Pour autant, rien n’a été modifié dans la communication officielle faite à l’issue du Comité. C’est une manière très étrange de concevoir la place de la réalité dans la communication institutionnelle. »
 
L’association Vivre Sans Thyroïde a actualisé ses chiffrages en intégrant les résultats du sondage réalisé en mars-avril auprès de 1500 patients concernant les achats de lévothyroxine à l’étranger. Un sondage qui a révélé des points (éléments clés du sondage en pages 12 à 17 du dossier présenté ce jour au Ministère).
« Les résultats actualisés que nous avons présentés aujourd’hui confirment que la baisse des ventes du Levothyrox de Merck se poursuit (perte de 24% du marché à février 2018), et nous confirmons notre chiffrage proche de 1 million de patients à décembre 2017, un chiffrage détaillé qui n’a appelé aucun démenti en Comité », indique Beate Bartes (voir pages 18 à 22 du dossier présenté ce jour au Ministère).
 
« Nous avons également eu aujourd’hui confirmation de notre estimation de 3 millions de patients français sous lévothyroxine, chiffre sur lequel un grand flou avait été installé début 2018 (avec des estimations à 2.6 voire 2.3 millions). Nous sommes extrêmement surpris par le niveau d’approximation qui a régné récemment globalement sur les chiffres, et nous sommes rassurés de la robustesse de nos analyses sur ce point », commente Sabine Bonnot, vice-présidente de l’association.
 
Beaucoup reste à faire sur ce dossier, selon la présidente de l’association : « Les autorités devraient nous communiquer d’ici le prochain Comité de Suivi prévu en juillet une première approche des surcoûts de cette crise sanitaire pour la collectivité. Nous sommes impatients de les connaître. De même que les sur-ventes de Merck ces derniers mois dans les pays étrangers, pour le Levothyrox ancienne formule que les patients français sont allés chercher à leurs frais. Par ailleurs, l’ANSM a fait un long mea culpa aujourd’hui sur la gestion de la mise sur le marché du nouveau Levothyrox de Merck dans la situation de monopole en France. Il serait utile que ces éléments soient également communiqués par voie de presse. Nous avons alerté par ailleurs sur la dangerosité de la thèse actuellement en vogue d’une soi-disant ‘sur-prescription’ de la lévothyroxine. Nous attendons une réaction forte des autorités sanitaires pour éviter l’empilement des dégâts directs et collatéraux de cette crise. »
 
Association Vivre Sans Thyroïde
 

Vivre Sans Thyroïde - VST

VST fait partie des associations de patients (avec l’AFMT et France Assos Santé) qui participent aux réunions régulières du « comité de suivi » avec les autorités sanitaires et les professionnels de santé, dans le cadre de la crise du Levothyrox. VST existe depuis l’année 2000 en tant que forum, et s’est constituée en association en 2007. VST fournit informations et soutien aux patients depuis 18 ans (19.000 utilisateurs enregistrés et 5000 à 6000 visiteurs par jour sur le site, groupe Facebook de plus de 5000 membres).
 





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