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#Levothyrox : la famille d'une victime décédée veut savoir


Article Denis Trossero paru dans La Provence et Corse-Matin, 23 mars 2018



Sophie est morte le 14 août dernier. C'est sa soeur qui l'a découverte inanimée dans son lit, à l'âge de 48 ans, à Montpellier, où elle passait des vacances en famille. Au cours des jours qui ont précédé, elle n'aurait eu de cesse de se plaindre de sa fatigue, de douleurs dans les jambes. Elle se disait angoissée. "Tu nous fais du souci", lui avait répondu Valérie, sa soeur, qui se souvient qu'elles avaient reparlé de ses soucis de thyroïde. "Depuis que c'est plus la même boîte, je suis pas bien", répétait Sophie.

La cause de sa mort serait-elle donc à rechercher dans le changement de principe actif du Levothyrox, seul médicament destiné à traiter les troubles de la thyroïde en remplaçant les hormones que la glande ne produit plus ? Sophie était soignée depuis 2002. Elle avait subi une ablation partielle à cause d'un nodule et, de l'aveu de ses proches, elle prenait la nouvelle formule, celle qui a tant et tant été critiquée, depuis le 12 mai 2017. Or c'est en mars 2017 que l'ancienne formule a été retirée après trente ans de bons et loyaux services.
À l'été, Sophie avait été arrêtée un mois, elle qui travaillait comme psychologue à la maison d'arrêt de Luynes. Si l'on en croit sa soeur, "elle pensait qu'elle avait quelque chose de grave. Même son médecin ne comprenait pas". Que penser de tout cela ? Hier, sa mère Nicole, sa soeur Valérie et sa cousine Anne-Laurence avaient rendez-vous chez leurs avocats, Me Géraldine Adrai-Lachkar et Me Christophe Lèguevaques.

7 000 parties civiles

Deux professionnels du droit qui s'apprêtent à saisir la justice marseillaise et voudraient que l'information judiciaire, ouverte le 2 mars dernier, pour "fraude, mise en danger de la vie d'autrui et coups et blessures volontaires" soit étendue à la qualification d'"homicide involontaire". Mais pour cela, il faut des éléments de preuves saillants, un dossier construit. S'ils parviennent à se constituer parties civiles, ils auront accès au dossier.

Pour Mes Lèguevaques et Adrai-Lachkar, "il est important de savoir ce qu'il s'est passé et d'apporter sa pierre à l'édifice de la vérité. On essaie d'aiguillonner l'enquête". Car, selon les avocats, il y aurait au moins trois autres cas de morts suspectes, à Nanterre, à Valence et en Bretagne, mais seront-ils eux aussi, comme pour Sophie, reliés à la prise de Levothyrox ?

À ce jour, ce sont 17 000 patients qui ont signalé des effets indésirables et 7 000 qui ont porté plainte à Marseille. Pôle de santé publique, le tribunal a en effet confié les investigations à la juge Annaïk Le Goff. Au civil, ce sont 4 115 patients qui ont saisi le tribunal de grande instance de Lyon au terme d'une "action collective". Enfin, 1 230 autres malades ont engagé une procédure devant le juge administratif, afin d'obtenir de la ministre de la Santé le retour de l'ancienne formule du Levothyrox. Elle est la seule à pouvoir réquisitionner la fabrication de l'ex-formule pourtant toujours distribuée en Italie, en mettant en demeure l'usine de Bourgoin-Jallieu (Isère) de la produire de nouveau.

Autant de procédures pour l'heure incertaines mais la famille de Sophie reste déterminée à connaître la vérité sur sa mort.





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