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#LEVOTHYROX - 3 questions à Me Christophe Lèguevaques (CLE) « Une nouvelle action collective pour le retour durable du lévothyrox avec lactose »


3 questions à Christophe Lèguevaques (CLE), avocat au barreau de Paris, créateur de la plateforme d'actions collectives, citoyennes et coopérative www.mysmartcab.fr



Question : Vous annoncez lancer une nouvelle procédure, les malades n’y comprennent plus rien.
 
CLE – En France, il y a plus de 2,6 millions de malades qui prennent du Levothyrox. Ils ont été placés devant le fait accompli avec le changement de formule et 9 mois plus tard, M. Thierry HULOT, président de MERCK, est bien obligé de reconnaître qu’ils sont au moins 10 % à ne pas supporter la nouvelle formule. 10 % cela représente entre 260 et 300 000 malades. A coté de cela, vous avez une profusion d’offres de services émanant de la profession d’avocat : certains partent au pénal, d’autres au civil. Cette biodiversité des situations et des approches peut constituer une force à condition de ne pas tomber dans les polémiques égotistes et d’arriver à coordonner les échanges d’informations. Parce que je fais confiance à l’intelligence des malades et de certaines associations, je mets à disposition les documents juridiques que je prépare. Cela permet à tout un chacun de se faire une idée du sérieux et de la qualité du travail accompli par toute une équipe d’avocats venant d’horizons divers.
C’est la force des actions collectives que je promeus : faciliter l’accès à la justice, obtenir des moyens pour lutter sur un pied d’égalité et créer des outils de coopération entre les avocats et les demandeurs.
C’est ainsi qu’outre les actions rendues publiques, nous pouvons travailler en demandant à la Sécurité sociale (CNAM), à l’Autorité de la concurrence ou à l’agence européenne du médicament (EMA) de nous fournir des informations ou d’intervenir pour protéger les malades.
 
Question : Alors, concrètement que prévoit cette nouvelle action collective
 
christophe_leguevaques_avocat_paris_mysmartcab
CLE - MERCK a annoncé qu’après le 31 décembre 2018, le lévothyrox avec lactose (dit ancienne formule) ne serait plus fabriqué en Europe. Nous savons qu’aujourd’hui, il existe en France, à Bourgoin-Jallieu, une usine qui fabrique l’ancienne formule pour le marché italien.  
Comme la ministre de la santé a refusé de réquisitionner tout ou partie de cette production pour les malades français, nous allons demander, fin février 2018, au juge administratif de se substituer à la carence du ministre de la santé. Je rappelle qu’en 2010/11, Mme Bachelot a dépensé 600 millions d’euros pour réquisitionner la fabrication de vaccin contre la grippe aviaire, vaccins qui n’ont jamais été consommés. Aujourd’hui, nous proposons d’investir 5 millions d’euros par an pour permettre aux malades qui le souhaitent d’avoir le choix entre l’ancienne et la nouvelle formule. Cela veut dire que les malades qui apprécient la nouvelle formule pourront continuer à l’utiliser. Nous respectons le choix des malades et plaçons leurs intérêts avant ceux de l’industriel.
 
Question : Dans toutes vos démarches, certains veulent y voir un positionnement politique. Que répondez-vous ?
CLE -
Réunion Publique d'informations sur LEVOTHYROX Paris 26 janvier 2018 © Photos Constance Decorde pour Les Jours.
Si par politique, vous entendez participer au petit jeu des partis de l’ancien ou du « nouveau monde », vous êtes dans l’erreur.  
En revanche, s’il s’agit de permettre aux patients de faire valoir leur point de vue, leur expérience et de participer valablement aux débats et de contribuer à l’émergence d’une démocratie sanitaire qui ne soit pas capturée par les experts, phagocytée par des vieux professeurs couverts d’honneurs ou détournée par les lobbies, alors pourquoi pas.
La démocratie repose sur le respect et la confiance. Parce que les élites médicales et politiques ne respectent pas les malades, elles perdent la confiance de ces derniers. Un peu moins de morgue, un peu plus d’écoute, un peu moins de suffisance, un peu plus de dialogue, c’est le minimum que demandent les malades qui ont l’impression d’être méprisés.
La crise du LEVOTHYROX peut devenir un moyen de balayer certains conservatismes et corporatismes pour refonder en profondeur notre système de santé, en renonçant notamment à une approche excessivement comptable et en responsabilisant tous les acteurs qu’ils soient grands pontes ou simples malades.
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Pour en savoir plus sur l'action collective pour le retour durable du Lévothyrox avec lactose, c'est ici.