contact christophe leguevaques contact leguevaques
Avocats Paris, Toulouse - cLé réseau d'avocats - Christophe Leguevaques, Romain Sintès
Page

Interview de Christophe Lèguevaques (CLE) Avocat Activateur de justice





Quelle est votre plus grande fierté ?
De défendre avec la même fougue, la même énergie, un chef d’entreprise ou une veuve sans défense. Mettre mon temps de cerveau disponible au service de la justice. Ne pas s’arrêter à la première difficulté, refuser l’évidence, trouver de nouveaux chemins de la connaissance et inventer des solutions.
 
Que vous a appris votre métier ?
L’humilité, le respect du travail bien fait et le culte du détail.
L’humilité, parce que j’apprends toujours de la fréquentation des autres avocats, de la rencontre avec un nouveau client appartenant à un monde différent, du dialogue intellectuel et stimulant qu’il faut savoir nouer avec les magistrats.
Le respect du travail bien fait. Je suis un artisan du droit. J’aime les dossiers complexes qui permettent d’aller au-delà des évidences, de prendre le temps de raconter une histoire et de porter une démonstration avec des sources et des références croisées. Dans ces dossiers, j’apprends le métier des autres, je peux être tour à tour pilote d’avion, chirurgien, banquier, plombier, l’important est de comprendre la logique intrinsèque du métier. Je reviens de ces voyages d’exploration avec des mémoires qui ressemblent souvent à des petits livres dotés d’un appareil critique proche d’une thèse de doctorat.
Pour vous donner une idée du culte du détail, il suffit d’écouter les plaintes de mes secrétaires ou collaborateurs que je tanne sur la forme d’un document. Je m’intéresse à la typographie, au design et je recherche le format le plus clair, le plus agréable à lire.  La forme est inséparable du fond : un beau document inspire confiance.
 
L’avocat que vous auriez aimé rencontrer ?
Une hésitation entre Fernand Labori, l’avocat de Madame Dreyfus et d’Emile Zola et Maurice Garçon.
Le second avait cette grâce aristocratique, ce panache chevaleresque, cette profonde culture si française qui lui a permis de garder sa lucidité et donc son honneur aux heures les plus noires de l’Occupation. Ajouter une intelligence vive, un humour mordant et une vie professionnelle intense, quel bel exemple à suivre.
Le premier était seul contre tous, il a bataillé contre les puissances coalisées de l’injustice militaire et de la bêtise antisémite. Humaniste et combatif, passionné et didactique, il a mis son talent au service de la vérité contre les mensonges d’une clique et de clans qui risquaient d’affaiblir la République.
 
Un avocat qui a impressionné ?
Sans hésiter, Robert Badinter, un juriste brillant, pugnace qui a su mener ses combats avec courage qu’il soit simple avocat ou ministre de la Justice. Son œuvre législative est impressionnante (de la responsabilité civile au droit des entreprises en difficultés, du code pénal à l’abolition de la peine de mort), elle mériterait une thèse pour mettre en perspective la cohérence du travail accompli. On est loin du travail de Gribouille rédigé par des énarques quelque part dans une sous pente de Bercy ou de Beauvau, ne connaissant pas grand chose au droit et encore moins à la vie quotidienne réelle des Français.
 
Une réplique de film culte ?
"Difficile à voir. Toujours en mouvement est l'avenir.", Me Ioda
 
Avez-vous un objet fétiche, un porte-bonheur ?
Je ne suis ni fétichiste ni superstitieux. Mais je suis fidèle en amitié. J’en veux pour preuve une demi-carte de tarot (l’excuse) que j’ai partagée avec un ami en 1986. Elle est toujours dans mon portefeuille pour dire que le temps ne fait rien à l’affaire.
 
Ce qui vous exaspère le plus chez un avocat ?
Son avidité, son hypocrisie, son manque d’imagination ou de créativité, sa soumission satisfaite à l’air du temps, son absence d’esprit critique ou de mise en perspective
 
Et chez un magistrat ?
Son inhumanité, sa condescendance, ses préjugés ou sa couardise
 
Une plaidoirie de légende ?
Ce n’est pas une plaidoirie mais un discours qui atteint la perfection rhétorique.
Il faut l’écouter, porté par cette voix d’un autre temps, au souffle court de fumeur, à la fulgurance du poète. Je pense bien sûr au discours d’André Malraux en hommage à Jean Moulin lors du transfert des cendres de ce dernier au Panthéon, le 19 décembre 1964.
 
Une passion en dehors du prétoire ?
Ecrire, cuisiner et je viens de comprendre pourquoi Voltaire recommandait de cultiver son jardin. Bref, une activité manuelle à forte concentration intellectuelle.
 
Vous plaquez tout où allez-vous ?
En Inde. Le pays de l’éternel retour, des parfums et de l’émancipation personnelle. En plaçant mes pas dans ceux de Shiva, qui n’est pas le dieu destructeur mais le dieu purificateur, réinventer une nouvelle fois sa vie.
 





Suivez-nous
LinkedIn
Viadeo
Google+
Slideshare
Twitter
Facebook
Rss
Skype